Véritable événement majeur de la préparation opérationnelle française à la haute intensité, ORION 26 a pour objectif de préparer les armées aux situations les plus complexes et dans des environnements multiples, variés et contestés. Cet exercice vise à démontrer la détermination de la France à protéger durablement son territoire, ses citoyens et ses intérêts, en se préparant aux défis militaires les plus exigeants.
ORION signifie : Opération de grande envergure pour des armées Résilientes, Intéropérables, Orientées vers le combat de haute intensité et Novatrices.




Le Service d’information et de relations publiques de l’armée de l’Air et de l’Espace, nous a donné l’opportunité de passer une journée au sein de cet exercice.
Départ de la Base Aérienne de Villacoublay en direction la BA de Mont de Marsan à bord d’un Airbus A400M.
A notre arrivée nous sommes accueillis par le Colonel Matthieu, commandant de la base de Mont de Marsan.
Col Matthieu : « Je vous souhaite la bienvenue sur la base, dont vous verrez aujourd’hui à quel point celle-ci est un outil de combat taillé pour les opérations aériennes.
La base aérienne, qui constitue seulement une brique d’Orion, poursuit, comme elle le ferait en situation réelle, ses engagements opérationnels. Je pense notamment à la police du ciel qui, je crois, vous a intercepté ce matin. Sur le terrain, vous découvrirez aujourd’hui une partie des 500 aviateurs supplémentaires déployés dans le cadre d’Orion, une trentaine d’avions de chasse français et étrangers. Orion est, pour la base, l’opportunité de poursuivre sa préparation opérationnelle, de renforcer les liens entre tous les aviateurs, notamment ceux des armées étrangères, et de progresser encore et toujours. »



Le GDA Julien Sabéné, n°2 du commandement de La Défense aérienne des opérations aériennes, nous détaille l’exercice.
Le scénario : En Europe, Mercure, un pays expansionniste, cherche à déstabiliser son voisin Arnland afin de maintenir son influence dans la région et d’empêcher l’adhésion de cce pays à l’Union Européenne. Au cours de l’année 2025, Mercure a multiplié les actions hybrides et accru son soutien aux milices présentes sur le territoire d’Arnland. À la demande de cet allié, le 6 janvier 2026, la France prend la tête de la coalition ORION pour assurer sa défense et préserver l’équilibre européen.

L’exercice Orion 26 prépare les armées françaises et leurs alliés à un conflit de haute intensité, dans un contexte géopolitique incertain. Son objectif : s’entraîner pour anticiper les défis futurs, en privilégiant la coordination multi-domaines (terre, mer, air, cyber, espace) et multi-alliés (Allemagne, Grèce, Qatar, OTAN, Grande-Bretagne). Structuré en trois phases sur quatre ans, l’exercice simule une crise fictive : la France, située dans l’Atlantique, intervient pour soutenir l’Irlande (pays ami) contre Mercure (ennemi), qui soutient des régions sécessionnistes. La première phase, dirigée par l’armée de l’air, vise à obtenir la supériorité aérienne ; les suivantes concernent un débarquement en Bretagne (marine) et une campagne terrestre (armée de terre).
A ce stade, Orion 26 mobilise 8 500 participants, des bases aériennes et des zones d’entraînement étendues. Il combine missions réelles et simulations pour tester la résilience face à des menaces modernes (missiles longue portée, cyberattaques). L’enjeu : fédérer les forces, identifier les faiblesses et renforcer l’agilité opérationnelle en conditions réalistes.






Le LCL Emmanuel nous détaille ensuite une journée type de l’exercice (journée du dimanche 8) :
Simulation d’une mission d’entry force visant à percer les défenses ennemies pour obtenir la supériorité aérienne et frapper en profondeur. Préparée la veille, la mission mobilise 16 avions de chasse, un ravitailleur MRTT, un AWACS et des alliés (Allemands, Grecs, Qataris), en coordination avec la Marine Nationale et des forces spéciales. Malgré des imprévus (panne de ravitailleur, perte d’un AWACS, conditions météo changeantes), les équipages s’adaptent grâce à des plans de secours et à la méthode 4T (Task, Target, Threat, Tactics).

La mission, d’une durée de deux heures, se déroule dans un espace maritime et aérien complexe, avec des menaces simulées (missiles longue portée, systèmes de défense sol-air). Après l’action, un débriefing d’1h30 permet d’analyser les erreurs et d’améliorer la synchronisation entre les forces. L’exercice illustre la modernité des moyens (Rafale, Mirage 2000, ASTAC) et l’importance de l’agilité opérationnelle, notamment via des détachements sur d’autres bases (Agile Combat Employment). L’objectif final : fédérer les alliés et préparer les forces à un engagement majeur.



Cette journée est également l’occasion de rencontrer le CEAM. L’armée de l’air développe une capacité de simulation massive en réseau (SMR), complémentaire aux simulateurs traditionnels, pour renforcer la coordination multi-acteurs (pilotes, contrôleurs, opérateurs sol) dans des environnements réalistes et collaboratifs. Inspirée des serious games, cette solution utilise des PC, manettes, casques VR et des cabines fixes interconnectées, réduisant les coûts par rapport aux simulateurs haute fidélité.
Lancée en 2019, la SMR vise 15 sites et 90 cabines d’ici fin 2026, avec une première capacité opérationnelle en 2025 (10 sites, 50 acteurs). Son coût équivaut à une seule mission réelle avec 90 avions, offrant un rapport efficacité/prix optimal. À terme, elle intégrera les bases outre-mer et les alliés, ainsi que des entraînements hybrides (LVC : réel/virtuel/constructif), combinant avions réels, simulateurs et entités générées par IA.
Lors de l’exercice en cours, 13 joueurs (Mirage 2000, Gazelle, missiles sol-air) et 7 entités virtuelles (AWACS, Reaper, SU-25) s’affrontent dans un scénario : la force bleue attaque un aéroport ennemi, tandis que la force rouge (animée par un Airboss) lance des missiles balistiques. La War Room centralise l’animation, permettant un entraînement réaliste, flexible et économique.
Nous repartons en direction de la base de Tours – Cinq-Mars-la-Pile, en accomplissant une mission de ravitaillement en vol pour les chasseurs engagés dans l’exercice.


Et c’est dans les profondeurs du site de Cinq-Mars-la-Pile, centre névralgique que nous rencontrons le GCA Marc Le Bouil, commandant La Défense aérienne et les opérations aériennes, qui nous fait un point « in situ » de l’exercice.




Un grand merci à l’Armée de l’Air et de l’Espace pour cette journée, notamment le Lieutenant Clara et Anna pour l’organisation de cette riche et intense journée.