MUSÉE DE L’AVIATION POLONAISE DE CRACOVIE

Envie d’un week-end dans une ville d’Europe ? Envie de culture et d’histoire ? Envie d’aviation ? Alors Cracovie est faite pour vous. A deux heures d’avion de Paris, Cracovie est une ville chargée d’histoire où il fait bon vivre. Elle abrite aussi le musée de l’aviation polonaise (en polonais : Muzeum Lotnictwa Polskiego w Krakowie). ouvert en 1964, il occupe une partie de l’ancien aéroport du Kraków-Rakowice-Czyżyny. Le musée est facilement accessible par les transports en commun. Depuis la grande place (Rynek Główny), il ne vous en prendra qu’une trentaine de minutes pour rejoindre le musée.

Lorsque que l’on arrive au musée, un grand bâtiment en béton vous accueille. Inauguré en 2010, il abrite les pièces récemment acquises par le musée ainsi que des salles d’exposition, une bibliothèque, une salle de conférence, une salle de cinéma et des bureaux.

Il abritait, lors de ma visite un Yak-17W, le prototype du Marganski-Myslowski EM-10 Bielik ainsi que celui du Aeroem Malgosia II. l’EM-10 Bielik était un projet d’avion d’entrainement à bas coût qui n’a jamais vu la moindre commande. l’Aeroem Malgosia a servi pour tester un nouveau système de contrôle connu sous le nom d’« aileron Marganski ».

Direction maintenant le hall de la Grande Guerre. Ce hangar, construit en 1990, reprend la forme des hangars austro-hongrois de la première guerre mondiale. Il abrite de nombreuses pièces uniques. Leur histoire mérite que l’on s’y arrête. Plusieurs avions historiques proviennent de l’ancien musée de l’air de Berlin (Deutsche Luftfahrtsammlung). En 1942-1943, ils sont transférés à Czarnków en Grande-Pologne et seront abandonnés sur place lors de la retraite allemande devant l’avancée de l’Armée Rouge. Finalement, ils sont transférés au musée lors de sa création

Ils seront restaurés dans les années 1990 et exposés au public. C’est ainsi que vous trouvez à l’entrée de ce hangar, un Grigorovich M-15, un hydravion russe, trophée de guerre des allemands. Puis en avançant, vous pourrez admirer les fuselages d’un LVG B.II, d’un Aviatik C.III, d’un DFW CV, d’un Halberstadt CL.II, d’un LFG Roland D.VIb, et d’un Albatros CI. La mise en scène de ces avions uniques vous plonge dans l’ambiance des terrains de l’époque. Petite remarque pour les photographes, pour préserver ces avions, la lumière est faible.

Le hangar suivant couvre la période 1930-1960. Assez naturellement, il reste peu d’avions polonais de cette. On pourra cependant trouver un PWS-26, avion d’entrainement d’avant guerre et un PZL P.11c qui se battra dans le ciel polonais aux premières heures de la seconde guerre mondiale. C’est d’ailleurs le seul avion de ce type restant au monde.

Ce hangar réserve quelques surprises. Pour commencer, le Curtiss Hawk II d’Ernst Udet qu’il pilota lors des Jeux Olympiques de 1936.

Pour les français, le hangar abrite deux avions français mais sous des cocardes étrangères. Tout d’abord, un Amiot AAC.1 Toucan sous les couleurs allemandes figure la fameuse Tante Ju. Plus surprenant par son parcours, le musée accueille un Caudron CR.714 Cyclone. Pendant la Bataille de France, ce type d’avion équipa le GC 1/145 Varsovie sous le commandement de Joseph Kępiński. Ils en seront les seuls utilisateurs et remporteront 12 victoires aériennes sur cet avion. L’avion exposé, étonnamment, porte les cocardes finlandaises. La Finlande en avait reçu 6 exemplaires début 1940. Ils servirent peu. Finalement, l’exemplaire finlandais a été confié en dépôt à long terme au musée de Cracovie. C’est le seul exemplaire complet restant au monde.

On trouve aussi un Tupolev Tu-2. C’est le seul exemplaire visible en Europe de l’Ouest. Coté soviétique, un Lissounov Li-2 (copie sous licence du DC-3) et un Avia B.33 (copie tchécoslovaque sous licence de l’Il-10) complète la collection.

Le prochain hangar est consacré à la guerre froide. Il abrite les anciens adversaires qui se sont affrontés dans le ciel du vietnam. Un MiG 19 côtoie ainsi un McDonnell Douglas F-4E Phantom II. Un F-104 Starfighter est aussi présent. Plus surprenant, une Buick Riviera offert par un général américain d’origine polonaise complète le tableau.

Le prochain hall est plus paisible. Il met en avant l’aviation civile polonaise. C’est l’occasion de découvrir, par exemple, le Pieniazek Kukulka, le LWD Zuch 2 ou le RWD-13. De nombreux planeurs sont aussi de la partie.

Tout au long de votre visite, entre chaque hangar, de nombreux avions jalonnent votre parcours. La diversité est de mise entre des avions français (Mystère IV, Mirage BA, Jaguar), anglais (Harrier) mais aussi américains (A-7 Corsair II, F-84 F Thunderstreak) etc.

On y trouve aussi des avions soviétiques comme un Il-28 Beagle, un MiG-29 Fulcrum ou encore un MiG-23 Flogger.

Pour terminer votre visite, un détour s’impose sur la fameuse « Mig Alley ». Pour les passionnés d’aviation soviétique (ou d’Herbert Léonard), c’est le point d’orgue de la visite. Entre ce qui fut l’ancien taxiway et l’aire de stationnement, le musée expose une série de Mig (et de Sukhoi) qui équipèrent l’aviation polonaise pendant la guerre froide. Depuis le Mig 15 jusqu’au jusqu’au Mig-21 en passant par les Sukhoi Su-7 ou Su-22, une trentaine d’avions vous attendent.

Pour résumer, pour l’amateur d’aviation, ce musée est un incontournable si vous passez par Cracovie. Entre une collection pléthorique (près de 200 avions exposés) , des pièces uniques et rares, ce musée est vraiment à inscrire sur votre liste des musées d’aviation à visiter.