UN FIDELE SERVITEUR DE L’ARMÉE DE TERRE PREND SA RETRAITE

Après 56 années de missions opérationnelles, l’hélicoptère Puma, symbole de robustesse et de fiabilité pour l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT), a officiellement tiré sa révérence lors d’une journée organisée au 3e Régiment d’Hélicoptères de Combat d’Etain (3e RHC). Cet événement, intitulé « Départ du Puma de la 4e Brigade d’Aérocombat », a réuni les communautés militaire et civile pour rendre hommage à un appareil qui a marqué l’histoire de l’ALAT et des forces armées françaises.

Le Puma, en service depuis 1969, a été un pilier des opérations militaires françaises, déployé sur tous les continents, en mer comme sur terre, dans des conditions souvent extrêmes. Sa longévité et sa polyvalence en ont fait un outil indispensable pour les missions de transport, de sauvetage, et d’appui opérationnel. Comme l’a souligné un ancien pilote : « Il nous a emmenés partout, mais il nous a toujours ramenés. » un témoignage poignant de la confiance que les équipages lui ont accordée.

La cérémonie était présidé par le Général de corps d’armée Frédéric GOUT, directeur des ressources humaines de l’armée de Terre. Ce dernier nous fit la lecture de l’ordre du jour numéro 21.


Ordre du jour numéro 21
« Marignane, le 15 avril 1965. Dans la cage aux lions des bancs d’essai au sol, les turbines Turbo 3 C4 ont hurlé leurs dernières exigences. A bord du prototype immatriculé Fox Zulu Whisky 2 fois novembre, deux pilotes d’exception, Jean Boulay et Roland Coffineau, ajustent leurs casques.
Autour d’eux, les ingénieurs retiennent leur souffle. Pas d’ordinateur surpuissant pour guider les calculs, pas de modélisation numérique, seulement une foi absolue dans le génie industriel français et européen. La commande de pas collectifs se lève.
Dans un bâtiment de pas lourds et souverains, les roues quittent la terre. Le premier stationnaire s’inscrit dans le ciel. Ainsi naquit le majestueux et légendaire SA-330 Puma.
Aujourd’hui, plus de 60 ans après cette première seconde de grâce, nous sommes réunis à Étain pour saluer le départ du régiment des hélicoptères de combats d’une machine mythique, rustique et avant-gardiste. Dire que le Puma a servi la France est un euphémisme. Il l’a porté, il l’a défendu, il l’a incarné sur tous les théâtres où nos armées ont été déployées pour la liberté et la sécurité de nos concitoyens. »

« Parler du Puma, c’est faire défiler les images de notre histoire militaire contemporaine. C’est revoir sa silhouette familière fendre l’air épais au-dessus de la basilique de Yamoussoukro, frôler le rocher des éléphants au Tchad, ou survoler les eaux boueuses du fleuve Niger. C’est ce souvenir du souffle chaud de ses turbines au fort de Madama, de son ombre protectrice sur la canopée de la forêt tropicale gabonaise.

C’est entendre le battement bien connu de ses pâles résonner jusqu’aux rizières lointaines du Cambodge. Du sable abrasif du désert irakien lors de l’opération Dagué, jusqu’au froid mordant et aux cimes enneigées des Balkans, le Puma a été le compagnon indéfectible du fantassin, le cordon ombilical des postes isolés, le sauveur de milliers de blessés dans la soute des Evasan. Sur le territoire national, face aux furies de la nature ou en appui constant  à nos populations, il s’est tenu prêt toujours à bondir… »

« … Depuis des décennies, le Puma est un fragment de notre identité commune. Il s’en va. L’identité demeure, les lignes écrites au long de la formidable épopée qui l’a menée au cœur du combat aéroterrestre ne s’effaceront jamais. Elles passeront, peu à peu, de l’émotion à la mémoire, de la mémoire à l’histoire. Lorsque les nouvelles générations prendront la relève, le Puma sera devenu l’héritage à partir duquel les machines de demain auront été imaginées. Ce sera à vous, jeunes hommes et femmes, d’ouvrir un nouveau carnet de vol. Ce sera à vous de relever le don, à bord des Caïman d’abord, à bord des Guépar ensuite. La génération qui aujourd’hui s’efface avec le Puma a été celle de la complexité du combat inter-arme.
La vôtre fait et fera face au défi de l’intégration de la robotique, de l’intelligence artificielle et des drones. Le Puma est le visage des guerres passées. Vous devrez comprendre et dessiner celui des combats de demain.
La machine change, l’esprit des équipages demeurera fait d’audace, de rusticité, de camaraderie. Soldats du 3e RHC, le Puma quitte vos hangars haut les coeurs. Il rejoint l’histoire et vous laisse la meilleure part, celle des combats à venir. »

L’après-midi se poursuivit par des démonstrations dynamiques, mettant en avant les évolutions des métiers de l’Alat.
– Attaque d’un pick-up par des commandos héliportés

– Mise en avant du couple Gazelle Drone par une attaque de drone avec une charge de 2kgs sur un pick-up.
– Parcours d’obstacles pour le drone en FPV depuis la Gazelle.

Avec l’arrivée de la nouvelle génération d’hélicoptères, comme le Caïman ou le Guépard, l’ALAT tourne une page de son histoire. Cependant, le Puma restera dans les mémoires comme un appareil fiable, robuste, et emblématique, ayant marqué plusieurs générations de militaires.

« Certains ont volé sur hélicoptère, d’autres sur la légende… »

Merci au LTN Anne-Gaëlle de la cellule com de la base pour son accueil.